Meekal Hassan Band est le projet d’un musicien né du bon côté de la société, féru de rock, converti au jazz, qui décida de populariser la musique traditionnelle pakistanaise en la modernisant et en offrant une place à ses côtés à des musiciens débarqués des quartiers pauvres de Lahore. Rencontre avec Meekal Hassan, un magicien de la guitare électrique et un protecteur de la musique du sous-continent indien.
Comment est né votre projet ?
En 2000, j’ai été engagé par le British Council comme compositeur pour un tour avec un percussionniste anglais qui avait étudié la musique indienne classique. J’ai voulu incorporer au projet des musiciens qui étaient eux aussi familiers avec la langue et la musique du sous-continent indien. J’ai donc fait appel à Pappu, qui est aujourd’hui le flûtiste de mon groupe, et que je connais depuis 1995. Le bassiste, qui avant de nous rencontrer jouait de la mandoline pour l’industrie cinématographique, est arrivé après, sur recommandation de Pappu. C’est à partir de ce tour que notre groupe s’est formé. Parce qu’il fallait que les morceaux soient plus accessibles, nous avons fait appel à un chanteur. A partir de là, le groupe était monté.
Chal bulleia, la dernière création du groupe
Vous avez étudié le jazz à l’université de Berkeley en Californie et vous étiez, avant de partir du Pakistan, plutôt passionné par le rock. Comment la musique classique du sous-continent indien s’intègre à toutes ces influences?
Il y a de nombreux points communs entre le jazz et la musique classique indienne, notamment au niveau de l’improvisation. Les deux musiques demandent une grande connaissance de nos instruments et la capacité de jouer en continue, sans vraiment penser que l’on joue en continue. Le jazz comme la musique classique indienne se transmettent de génération en génération. Pour le rock ou la pop, les gens sont plutôt influencés par un style ou par une chanson qu’ils essayent de copier. La musique traditionnelle indienne ou le jazz sont des langages qui demandent des dizaines d’années avant d’être parlés. Ces musiques sont basées sur la tradition alors que le rock se nourrit du moment. Bien que je sois à l’origine un guitariste de rock, je me suis à un moment de ma vie intéressé à la musique traditionnelle de mon pays. Etrangement, le déclic ne s’est pas produit au Pakistan mais en Amérique, où j’étudiais le jazz. Les cours que j’ai reçus à Berkeley m’ont aidé à interpréter la musique indienne classique. Celle-ci a tendance à être centrée autour d’une seule tonalité et de notes particulières. On doit donc connaître l’harmonie de la gamme dans laquelle on travaille. Parce que les musiciens de mon groupe connaissent sur le bout des doigts leur musique, on peut réussir à avoir un équilibre entre le tout classique indien et le tout rock, en travaillant à la manière des jazzmen. Au final, cela donne des voix orientées jazz avec un son très rock et des mélodies plus traditionnelles. A l’inverse des autres membres de mon groupe, je ne suis pas un musicien traditionnel. Mais grâce à mes études, je peux adapter ma musique à la leur. Nous réduisons donc la longue improvisation des musiques classiques à une durée de 3 à 4 minutes, qui est le format d’une chanson moderne.
Au temps des moghols, les notes (ou raag) utilisées par les musiciens étaient liées à un moment de la journée, à un sentiment, à une saison…Vous utilisez ces mêmes raags traditionnels. Pour mettre des mots sur une musique, vous empruntez ensuite les écrits de poètes et de philosophes du sous-continent indien. Comment choisissez-vous un certain raag pour une certaine poésie ?
Le plus souvent, je demande aux musiciens quel raag conviendrait le mieux à un mode que je veux utiliser. Une fois que nous avons trouvé une mélodie traditionnelle qui marche sur cette gamme, je dois réfléchir à quel genre de texte le son me fait penser. Soit nous empruntons à des poètes, soit nous écrivons nos propres textes. La chanson Huns Dhun, par exemple, utilise une tarana (mélodie basée sur des sons et non sur des mots) qui marche avec une gamme de cinq notes, ce qu’on appelle un pentatonique et qui est plutôt un système occidental. Même si ce système est différent de celui que la musique indienne utilise d’ordinaire, si on a une bonne connaissance de la musique, on peut l’accorder à notre musique traditionnelle. La plupart du temps quelqu’un me présente un raag et je cherche son équivalent en gammes occidentales. Il faut ensuite arranger les voix et les instruments. Quelque chose qui a l’air techniquement intéressant sur le papier peut ne pas l’être une fois chanté et joué. C’est pour cette raison que l’on doit aussi ne pas avoir peur de casser les règles de la musique classique.
Huns Dhun de Meekal Hassan band…
Pour la poésie, nous utilisons deux types de matériaux, le bandish et la poésie sufie. Les bandishs sont des mélodies classiques qui se transmettent dans les familles de musiciens. En ce qui concerne la poésie écrite par les sufis, nous avons notamment emprunté des textes de Shah Hussein et de Bulleh Shah. Dans notre nouveau disque, nous avons aussi repris des textes de la poétesse indienne Amrita Pritam qui a écrit de très beaux poèmes sur l’horreur de la partition entre l’Inde et le Pakistan. Elle a vécu pendant un temps à Lahore et elle s’est longtemps plainte que les Pakistanais ne s’intéressaient pas à son travail. Nous avons donc voulu lui rendre hommage.
Vous avez joué en Inde, ce qui est rare pour un Pakistanais…
Nous sommes d’abord allés à Bombay. Cette ville n’est pas un endroit agréable pour les musiciens qui n’ont pas de liens avec Bollywood. A Bombay, la musique est exclusivement liée au cinéma. Il n’y a que sur les campus que les gens aiment des choses différentes. Calcutta, New Delhi, Bangalore, sont en revanche des villes plus ouvertes sur d’autres types de musiques. L’Inde et le Pakistan n’ont pas de bons rapports politiques. Les liens entre les artistes sont en revanche très forts. En Inde, je me sens étrangement comme au Pakistan. Bombay ressemble à Karachi et New Delhi ressemble à Lahore. L’architecture est la même. Lorsque nous parlons aux Indiens, ils nous comprennent. L’Inde est une version plus légère, plus délurée du Pakistan. On nous apprend dès le plus jeune âge que l’Inde et le Pakistan sont deux pays très différents. C’est faux. La seule différence majeure est que le Pakistan, à l’origine, n’a que quatre ethnies alors que l’Inde en a des centaines. Il y a 62 ans, nous étions une partie de l’Inde. Il n’y avait pas de Pakistan. Les gens veulent croire qu’ils sont différents. La réalité est que le sous-continent indien, en tant que région, est très unifié. Si vous allez au Bangladesh, vous trouverez de nombreux points communs avec l’Inde et le Pakistan. En tant que musicien, j’avoue que l’appréciation du public est bien meilleure en Inde. Les gens sont bien plus enthousiastes et ont l’air de mieux connaître la musique. Au Pakistan, les jeunes sont très tournés vers la pop et ne connaissent pas leur propre musique traditionnelle. L’Inde et si grande et il y a tant de diversité qu’il y a toujours un marché pour une musique différente.
En plus d’être un musicien, vous êtes l’un des plus grands producteurs de musique au Pakistan. Que pensez-vous donc de la nouvelle génération de musiciens au Pakistan ?
Récemment, j’ai produit deux de mes amies, Zeb et Anyha, qui sont nées dans une famille pathane (les Pakistanais utilisent indifféremment pathan ou pachtoun pour désigner l’ethnie majoritaire du nord du pays). Pendant quatre ans, je les ai harcelées pour qu’elles enregistrent avec moi. Elles ont fini par accepter et, à l’arrivée, leur musique est extraordinaire. C’était enrichissant parce que, pour une fois, je ne devais pas enregistrer dans mon studio un groupe de pop typique. Les jeunes musiciens pakistanais essayent de copier les groupes américains ou anglais et ne savent rien de ce que leur pays peut leur offrir culturellement. Zeb et Haniya n’essayaient pas de ressembler à d’autres. Elles ont une approche contemporaine de la musique traditionnelle du nord du Pakistan. Leur musique ne peut pas être catégorisée facilement et bien que d’origine pathane, elles sont nées et ont grandi à Lahore. La bonne musique est un mélange de modernité et de tradition que l’on ne peut pas catégoriser, ce qui énerve les médias qui cherchent le sensationnel. Lorsque les gens entendent une batterie et une guitare, ils pensent à du rock. Dans mon studio, nous utilisons justement la guitare et la batterie pour mettre en valeur des instruments plus traditionnels. Les gens aiment que dans notre groupe il y ait des musiciens comme Pappu (le flûtiste) qui dans d’autres conditions seraient utilisés en arrière-plan et n’apparaîtraient jamais lors d’interviews. Personne ne saurait alors qu’ils sont de très grands musiciens. J’ai voulu leur donner une égalité sur scène. L’idée du groupe était vraiment de montrer que des musiciens de facture plus classique pouvaient être tout aussi excitants que des chanteurs de pop. Parce que ces musiciens traditionnels viennent d’un milieu pauvre, notre société ne les considère pas glamour. Mais les musiciens pop n’auront jamais la connaissance de la musique et la profondeur d’un chanteur de qawwalî (musique soufie) qui apprend son métier depuis le plus jeune âge.
Zeb et Anyha interprétant une chanson afghane traditionnelle
Pour des raisons de sécurité, il n’y a quasiment plus de concerts au Pakistan. Les artistes ne touchent pas de royalties et le piratage est un véritable fléau. Comment fait-on pour survivre lorsque l’on est un musicien pakistanais ?
Le gouvernement ne délivre plus de NOC (Non objection certificate, très utilisés en Inde et au Pakistan, ils permettent d’organiser un événement). Faire un concert dans un centre culturel de Lahore comme l’Alahmra est donc une chose quasiment impossible. A cause de ces problèmes de sécurité, les sponsors qui finançaient les concerts se sont retirés de ce terrain et se sont mis à investir dans les médias. Ils ont compris qu’avec la situation dans laquelle le pays se trouve, les gens qui n’assistent plus à des événements publics regardent de plus en plus les informations, bien en sécurité dans leur maison. Cela fait presque 25 ans que je joue à Lahore et la situation n’a jamais été aussi catastrophique. Personne ne sait vraiment dans quel état notre pays sera dans les années à venir. Pour s’en sortir, les artistes pakistanais devront être présents à l’étranger. Notre culture ne s’exporte pas assez en Occident. Il est grand temps que l’on s’intéresse à nos artistes. Cela nous permettrait en tant que nation d’avoir un dialogue avec le reste du monde sur d’autres sujets que sur le terrorisme. Pour le piratage, nous ne pouvons rien faire. Nos vidéos sont jouées sans cesse à la télévision et à la radio. Nous ne sommes pas payés pour ces diffusions. Cela ne me dérangeait pas tant qu’il y avait des concerts. C’était de la publicité gratuite. Dans un pays où il n’y a pas de lois sur la culture, il ne faut pas s’attendre à recevoir de l’argent pour son travail. Nous n’avons même pas de syndicat digne de ce nom. Nous avons essayé de former une organisation, The all music professions of Pakistan, qui s’est dissoute d’elle-même parce que nous n’avions pas de lois avec lesquelles se battre. Il n’y pas de zone de légalité ou d’illégalité dans la musique pakistanaise. Si l’on est confronté à un problème, on ne peut pas porter plainte.
Le Pakistan est-il en train de vivre une crise identitaire ?
Pendant longtemps, les concerts étaient le seul moyen de gagner de l’argent avec sa musique. Maintenant qu’il n’y a plus de concerts, nous continuons de demander au gouvernement d’organiser des festivals de musique qui permettraient aux artistes de vivre mais aussi au pays d’être vu comme un endroit culturellement intéressant. Mais rien n’y fait. Sur le plan international, le Pakistan n’a jamais vraiment mis en avant sa culture et son héritage, notamment dans le domaine de la musique que nous associons trop facilement avec l’Inde. Le fait est que, parce que nous vivons dans le sous-continent indien, nous partageons un héritage commun avec plusieurs pays, que l’on aime cette réalité ou pas. A l’étranger, on associe trop facilement la culture pakistanaise avec la culture arabe du Moyen-Orient. C’est, historiquement, une hérésie. Nous sommes des habitants de l’Asie du Sud et notre histoire vient de cette région du monde. Notre culture est originaire, avant toute chose, d’Inde et pas d’Arabie-Saoudite. Nous ne savons même plus où sont nos racines. C’est pour cela que les gens ont cette double nature lorsqu’ils sont confrontés au divertissement. Bien qu’ils aiment la musique, ils disent que c’est harram (contraire à l’islam). L’Etat lui-même ne sait pas où se situe le Pakistan dans le jeu international. Tout ce qu’on se répète, c’est que nous sommes les cibles des terroristes et des préjugés. Mais nous sommes en fait confrontés à une crise que nous avons fabriquée, de même que nous avons fabriqué les taliban avec l’aide des Américains. Notre pays est en danger car nous n’avons pas su expliquer clairement ce que nous sommes.
Rabba de Meekal Hassan Band…
Dans le clip d’une de vos chansons, Huns dhun, vous avez fait filmer les réfugiés afghans installés au Pakistan depuis l’invasion soviétique de 1979 et renvoyés en 2005 dans leur pays. Pourquoi ce sujet ?
Parce que le réalisateur de cette vidéo est un Pathan qui vit prêt de l’endroit où s’étaient installés ces réfugiés. Il m’a donc parlé de cette évacuation massive vers l’Afghanistan. Ces gens vivaient depuis plus de trente ans au Pakistan. J’ai pensé que c’était un sujet très intéressant parce que personne à ce moment là ne parlait de ces évacuations. Les Pakistanais se sentaient concernés par d’autres choses qu’ils considéraient peut-être à juste titre plus graves. Ces personnes que l’on renvoyait impunément en Afghanistan, même si certaines d’entre elles étaient nées au Pakistan, n’avaient pas la nationalité pakistanaise. Et elles n’étaient pas Afghanes non plus puisque la plupart n’étaient pas nées en Afghanistan. Alors à quel endroit appartiennent-elles ? Nous avons voulu montrer les images de leur départ. Comment ces gens ont laissé derrière eux de simples maisons en terre. Comment on leur a demandé de partir d’un endroit au Pakistan qui ne voulait plus d’eux vers un autre endroit en Afghanistan qui ne voulait pas d’eux non plus.
En parlant avec les Pakistanais, on a le sentiment que Pervez Musharraf avait réussi lorsqu’il était président à libéraliser la vie artistique, ce qui est étonnant pour un dictateur militaire. Etes-vous d’accord ? Les artistes ont-ils vu leur condition s’améliorer depuis que les démocrates ont repris le
pouvoir ?
Musharraf, Benazir Bhutto, Nawaz Sharif, Azif Ali Zardari… aucun d’entre eux n’a jamais montré le désir de faire avancer la position des arts dans la société ou d’offrir à la culture pakistanaise une place sur la scène internationale. Nous ne recevons aucune aide financière du gouvernement. Nous n’avons plus de festivals. Le seul festival encore organisé ces dernières années était un projet privé appelé le Rafi Peer festival qui existait depuis 28 ans à Lahore. La dernière édition remonte à novembre 2008, jour où notre groupe devait clore les concerts. Trois bombes ont explosé en début de soirée et après ce fut la panique. Le festival n’a pas eu lieu cette année, de peur de nouvelles attaques. Musharraf a beaucoup fait pour les médias, ce qui a, en conséquence, aidé les artistes à se faire remarquer. Mais ces changements ne changent finalement pas grand-chose. Avec Zardari, il n’y a absolument rien de nouveau. Comme je vous l’ai dit, les dirigeants pakistanais ne connaissent pas vraiment leur propre culture. Ils ne pensent donc pas à la promouvoir. Notre culture n’est pas liée à notre pays, elle est liée à notre région. Cette réalité dérange car elle va à l’encontre du nationalisme pakistanais. Il y a d’un côté le Pendjab pakistanais et de l’autre le Pendjab indien mais à la fin il ne s’agit que d’un seul morceau de terre que l’on peut diviser en autant de parts que l’on veut. La culture est une chose dynamique qui prend ce que l’étranger apporte et qui mélange la nouveauté avec la culture traditionnelle. Cela explique pourquoi le jazz marche si bien dans le monde entier. Cette musique a la capacité d’absorber différentes influences et de rester du jazz tout en étant liée à la partie du monde d’où elle vient. C’est pourquoi il y a tant de sortes de jazz.
Vous êtes contre l’interdiction des concerts. Ne pensez-vous pas qu’il est raisonnable, sachant qu’il peut y avoir un attentat à tout moment, d’annuler les événements qui impliquent un phénomène de foule ?
Je ne dis pas qu’il ne faut pas de sécurité. Je dis seulement que la meilleure manière d’avancer c’est de comprendre qu’un très petit groupe de gens sont dehors pour détruire le travail de notre société. Il est donc dans notre intérêt de promouvoir notre culture et de la montrer à l’étranger. Ainsi, les extrémistes ne remplissent pas leur agenda. Autrement, ils gagnent. Leur étroitesse d’esprit est si grande, que s’ils avaient le pouvoir, nous ne porterions pas de t-shirt, je n’aurais pas de cheveux longs, je ne jouerais pas de musique. Ils revendiquent une mauvaise lecture de l’islam qui n’acceptent aucune différence et n’a aucune tolérance. Malheureusement, ces gens ont été trop souvent encouragés par le gouvernement, notamment pendant la période Zia. Nos leaders ont fait de l’argent en vendant des armes. Avec cet argent, ils ont financé des attaques au Cachemire. C’est un sale jeu. Plus le pays est déstabilisé, plus ces hommes gagnent. Cela ne concerne pas que le gouvernement mais les militaires, les agences de renseignement, des influences étrangères…
Votre mère est chrétienne et votre père musulman. Est-ce que la religion a une place dans votre musique ?
Non, il n’y pas de place pour la religion dans la musique. Revendiquer une religion c’est abdiquer pour une seule réalité. Je pense que la religion est une chose très personnelle qui n’a rien à voir avec les arts. La musique que nous jouons, parce qu’elle est traditionnelle, est en revanche par nature centrée autour de la spiritualité. Mais peu importe laquelle. La poétesse indienne Amrita Pritam était de confession sikh et bien que je ne sois pas sikh, j’aime ses textes et je comprends sa douleur lorsqu’elle parle de la partition. La religion est pour moi l’exclusivité d’une personne ou d’un groupe contre les autres. Je ne dirais jamais qu’une musique est musulmane. Non, elle appartient à tous. Comme la plupart des religions, les musulmans ont voulu aux aussi lier l’islam à la musique. Même le qawwalî est à l’origine né du désir de disperser le message de l’islam d’une manière plus apaisée. Nous utilisons donc des musiques traditionnelles dont nous enlevons toute portée religieuse.
Zeb, Haniya et Javed Bashir, le chanteur du groupe Meekal Hassan Band…




et ce groupe extraordinaire est en concert en france dans le cadre du festival du Pakistan a paris fin avril.
avec un groupe franco-balouchi (balouchistan)